Les Bordes sur Lez

Canton de Castillon



Ayer et Ribérot :
mégalithes
- cercles de pierres- conclusions ? - autres
Reste de la commune :
chapelle d'Aulignac
- Pont d'Ourjout - Mont Valier

La commune est située à l'ouest de la vallée de Bethmale, et s'étend sur plus de 15 km du nord au sud. Au niveau de la crête qui marque la limite entre la commune et l'Espagne, les altitudes dépassent 2800 m.

Bordes vers 1750
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Extrait de la carte de Cassini n°40 (Ax les Thermes)

AYER et La VALLEE DU RIBEROT

La nécropole d'Ayer est située sur une terrasse alluviale qui domine le confluent du Ribérot et du Lez de près de 15 m. L'abbé CAU-DURBAN, curé de Bordes est l'auteur des découvertes qui ont eu lieu entre 1880 et 1890. Le mobilier archéologique a d'abord été entreposé à la cure de Bordes, puis dispersé entre les musées de Foix et de Toulouse. Aujourd'hui, une partie de ce mobilier a pu être identifiée dans ces musées.

*SEPULTURES DU CHALCOLITHIQUE ET DE L'AGE DU BRONZE (IIIe et IIe millénaire av. JC)

La grotte sépulcrale du Tachou
CAU-DURBAN a découvert des ossements humains dans cette grotte sur le versant est de la vallée du Ribérot.
-La "pyramide sépulcrale" du Sarrat de Guilaire
En février 1882, CAU-DURBAN a trouvé des ossements humains sous un énorme bloc sur la crête qui sépare Ayer (commune de Bordes) de Ceps (commune d'Uchentein).

La "pyramide sépulcrale"


-La "sépulture de la chênaie de Pierre Coujé"

L'abbé CAU-DURBAN aurait trouvé des ossements et du mobilier archéologique sous un gros bloc de granite de surface plane soutenu par d'autres blocs.
-Le dolmen d'Ayer

Le dolmen d'Ayer

Il est situé dans un pré au pied du massif de Guilaire, sur un petit plateau près du confluent du Lez et du Riberot.

Je reprends ici en partie la description que Bruno Portet a faite en 1997 dans son mémoire de maîtrise; je le remercie pour sa collaboration.
(PORTET (B.), Inventaire des mégalithes de l'Ariège, mémoire de maîtrise, UTM, 1997 : consultable au SRA de Midi-Pyrénées et à l'Université de Toulouse le Mirail)

"-Table : très inégale de forme et de surface, rectangulaire, inclinée vers l’Ouest ; 2,20 m x 1,45 m x 0,40 m.
- Supports : les deux montants sont de dimensions relativement similaires :
1,70 m x 0,80 m x 0,40 ; ils sont tous deux enfoncés dans la fosse d’environ 0,40 m.
- Chevet : dalle rectangulaire enfoncée dans le sol et sensiblement inclinée à l’intérieur du dolmen : 0,85 m x 0,70 m ; elle n’atteint pas la hauteur de la table.
- Fermeture : dalle rectangulaire, de 0,90 m x 0,50 m, rétrécissant l’entrée sans la fermer totalement
- Chambre : trapézoïdale de 1,55 m x 1 m à l’entrée, 0,80 m au fond ; fosse de 0,20 m de profondeur.
- Tumulus : le dolmen est en fait engagé dans une pente sur son côté Sud.
- Granite local pour l’ensemble des éléments, hormis la dalle de fermeture, constituée de calcaire gris.
- Orientation : Est-Ouest ; l’entrée se tournant vers l’Est.

"Après une couche de terre et de graviers, un squelette placé en diagonale, la tête près de la porte ; sous ce premier cadavre, un dallage en pierres plates, puis une seconde sépulture avec tessons de poterie grossière, et deux pointes de flèche, l’une en silex jaunâtre, l’autre en silex noir à pédoncule retouché." (Cau Durban ; 1865).
Une fouille postérieure révéla quelques disques d’ophite, et des tessons de céramique polypode (conservés dans la collection céramique “Cau Durban” dans les réserves du Musée Saint Raymond à Toulouse)."


-"L'enceinte"

Située sur une pente légère orientée au sud-est, elle mesure 43 m de long pour 10 de large environ, et est délimitée par un mur constitué de gros blocs de granite pouvant atteindre 2 m de haut en certains points ; l'épaisseur de ce mur varie de 1,3 m à 2,2 m. Aujourd'hui, les deux extrémités de l'ovale sont coupées par un chemin.
Selon CAU-DURBAN, elle est liée au site préhistorique. En fait, nous ne pouvons absolument rien conclure, ni sur la fonction, ni sur la datation de cette structure.

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*LES CERCLES DE PIERRES

L'abbé CAU-DURBAN découvrit à un niveau qui variait de 30 cm à 1,8 m sous le sol actuel, 17 cercles de pierres; il repéra 2 parallélogrammes et plusieurs enceintes minuscules de 30 cm de diamètre environ. Sur le terrain, il ne reste absolument rien des découvertes.
Le mobilier:

Une soixantaine d'urnes différentes auraient été retrouvées et la majorité fait partie des collections du musée Saint-Raymond.

 

Urnes issues des cercles de pierres (Musée St-Raymond)

 

Urnes retrouvées à Ayer

Autour des urnes, il a été recueilli "deux pierres à meule","deux haches en pierre", "des fragments de bronze", "des fragments de torques, ... de bracelets", "des grains d'ambre". Dans une urne, l'abbé a trouvé un "bracelet en fer" et un "fragment de boucle en même métal".

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*BILAN

D'après les découvertes, nous sommes visiblement en présence de deux sortes de sépultures de types et d'époques différents;  il s'agit d'inhumation dans les abris sous roche et le dolmen, mais aussi de crémation. Ce dernier type a été étudié à plusieurs reprises au cours du XXème siècle ;  il s'agirait d'une nécropole contemporaine de la fin de l'Age du Bronze et du premier Age du Fer (VIIIè - VIIème siècles avant J-C). Les raisons du choix du site d'Ayer pour installer une telle nécropole n'ont pas été bien définies.
La présence du dolmen à proximité pose le problème de la continuité de la nécropole ; généralement, on s'accorde pour dater les dolmens du IIIème millénaire avant notre ère. Les autres sépultures à inhumation sembleraient contemporaines du dolmen. En l'absence de nouvelles découvertes, on ne peut pas conclure que l'on a occupé sans interruption le site d'Ayer du IIIème millénaire jusqu'au premier Age du Fer ; de même, on ne sait pas ce qui se passe après le VIIème siècle avant J.-C..

*AUTRES DECOUVERTES A AYER OU DANS LA VALLEE DU RIBEROT

-Un poignard à lame plate longue de 14 cm datant du Bronze Ancien se trouverait au musée Saint-Raymond.
-Deux haches du Bronze Ancien, dont une décorée, au musée Saint-Raymond (numéros d'inventaire: 30034 et 30033).

 

Haches de bronze (Musée St-Raymond)

  Haches du Bronze Ancien

-Une épingle à tête plate du Ribérot, de 17,5 cm, légèrement biconique se trouverait au musée Saint-Raymond.
Louis BEGOUEN, quant à lui, rapporte que, lors des travaux de construction du tramway en 1905, on aurait trouvé "une belle hache en bronze ; il s'agirait d'un objet de l'Age du Fer, "période de Hallstat".

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LE RESTE DE LA COMMUNE

La chapelle d'Aulignac
Lors du percement de la porte occidentale de l'édifice, en 1881, l'abbé CAU-DURBAN découvrit un fragment de petit autel votif dans la maçonnerie; ce fragment a été taillé dans un marbre blanc cassé légèrement veiné de gris, et de texture saccharoïde; il mesure 15 cm de haut sur 16 cm de large pour une épaisseur de 10 cm ; seules la base et la partie basse du corps sont conservées sur 5,5 cm de haut ; le corps porte l'inscription VSLM. ( Votum solvit libens merito : Il a accompli son voeu de plein gré pour le dieu qui le méritait bien).

Au-dessus, au niveau de la cassure, on devine la base d'autres lettres, peut-être celle d'un O et d'un X (le dédicant?).

 

Autel votif (Musée Départemental de l'Ariège - Palais des Evêques de Saint-Lizier)

 

Autel votif
N.-D. d'Aulignac

L'autel fait aujourd'hui partie des collections du Musée Départemental de l'Ariège.
On ne peut pas, à partir de la découverte d'un seul autel votif à Aulignac, en déduire qu'il a certainement existé un petit fanum (temple) à cet endroit ; il faudrait d'autres découvertes ; la situation de l'édicule au sommet d'un petit mamelon peut toutefois faire penser à l'emplacement d'un petit sanctuaire antique (privé? public?). D'un autre côté, la proximité de la source qui jaillit de la grotte de Poudane et le vocable Notre-Dame pourraient rappeler l'existence par le passé d'un petit sanctuaire lié au culte des eaux.

Le pont d'Ourjout
On considère parfois ce pont comme un ouvrage antique. Selon le GROUPE D'ARCHEOLOGIE ANTIQUE, le pont qui permet de traverser le Lez au niveau de l'église d'Ourjout ne serait pas romain, mais remonterait plutôt au Haut Moyen-Age. On l'a parfois dit contemporain de l'église romane d'Ourjout ; c'est impossible à vérifier à l'heure actuelle.

 

Pont d'Ourjout

 

Pont d'Ourjout

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Le Mont Valier (2838 m)
C'est le fait que le sommet porte le nom du premier évêque connu du Couserans, et l'existence d'une légende selon laquelle cet évêque aurait escaladé la montagne pour y ériger une croix qui ont poussé LIZOP à formuler l'hypothèse d'un culte à cette montagne.
On n'a jamais retrouvé d'autel votif ou d'autres marques de ce culte sur l'arête sommitale, ni au col de Faustin situé en contrebas. Il n'est donc pas possible de conclure à l'existence d'un culte de cette montagne à l'heure actuelle, même si l'hypothèse de LIZOP paraissait séduisante ; quant à la réalité de l'expédition de l'évêque, elle est impossible à vérifier.

Le Mont-Valier

 

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