Synthèse, deuxième partie

Les Hommes


1: A L'AGE DU FER

Des Aquitains - 1er âge du Fer - 2ème âge du Fer - Des Celtes?


Sous le nom "Age du Fer", on désigne généralement la période qui s'étend du VIIIème au Ier siècle avant notre ère.

Attention ! Dans le secteur étudié, les quelques vestiges de cette époque proviennent tous du Castillonnais. Les conclusions que nous sommes amenés à tirer dans les paragraphes qui suivent sont donc en théorie uniquement valables pour ce secteur ; les élargir à l'ensemble du Haut-Couserans implique l'acceptation préalable de l'hypothèse que les bassins du Lez et du Salat appartenaient à un même ensemble dès l'Age du Fer ; cette hypothèse est probable mais non certaine. D'autre part, à plusieurs reprises, nous sommes conduits à utiliser des sources antiques postérieures à la période de l'Age du Fer; les informations fournies par de telles sources doivent donc être considérées elles aussi avec la plus grande prudence.


*DES AQUITAINS?

Selon César et Strabon, l'Aquitaine correspondrait aux territoires compris entre l'océan, la Garonne et les Pyrénées; Stabon, géographe grec contemporain d'Auguste décrit la population locale comme des gens forts différents des Celtes qui habitent dans le reste de la Gaule; par leur langue et leur physique, les Aquitains se rapprocheraient des Ibères.

A priori, si nous suivons à la lettre les dires de ces auteurs, le Couserans, situé à l'est de la Garonne, ne fait pas partie de cette Aquitaine. Pourtant, Pline l'Ancien (Ier siècle de notre ère) mentionne deux peuples semblant désigner les habitants du Couserans antique ; il situe les Consuarani en Narbonnaise, mais considère que les Consoranni font partie de l'Aquitaine. En fait, les Consoranni et les Consuarani seraient un même ensemble appartenant au groupe des Aquitains ; la première mention situant les Consuarani en Narbonnaise ne serait en fait qu'une erreur de Pline ; elle ne correspondrait qu'à un état de fait antérieur à la réorganisation des provinces qui s'est faite sous Auguste. Cette hypothèse selon laquelle Pline se serait inspiré d'un auteur antérieur est la plus couramment admise.
Les vestiges du Haut-Couserans ne sembleraient pas contredire cette théorie.

Ier Age du Fer
Dans les Pyrénées, les cercles de pierres d'Ayer forment, à l'heure actuelle, la nécropole de ce type la plus orientale. J.-P. MOHEN estime qu'elle a cessé d'être utilisée à la fin du VIIème siècle avant notre ère, au cours de la troisième période du premier Age du Fer.
Il estime que ces sépultures ne sont pas le fait de gens de passage, conquérants ou commerçants; il faudrait plutôt y voir des populations attachées au pastoralisme ; en fait, nos connaissances en la matière sont très réduites: aucun habitat n'a été retrouvé à proximité ; nous ne savons pas non plus si la présence de minerai aux environs a joué un rôle dans l'établissement de la nécropole à Ayer ; de même, pourra-t-on dire un jour d'où viennent les céramiques?
J.-P. MOHEN a montré une relative parenté typologique entre les vases d'Ayer et les autres vases pyrénéens. Il ne semble cependant pas prudent de parler de l'unité culturelle des Aquitains dès le VIIème siècle avant J.-C.. Selon J.-P. MOHEN, c'est à la fin du VIème siècle, soit près de deux siècles après l'abandon (?) de la nécropole d'Ayer, que l'on peut sérieusement parler d'une unité culturelle dans le sud-ouest de la France. Faut-il alors voir dans cette homogénéité culturelle de la fin du premier Age du Fer l'unité des Aquitains dont parleront plus tard les auteurs antiques? Ce n'est pas impossible, même si une grande prudence s'impose.

Deuxième Age du Fer
Là, la présence d'Aquitains semble plus sûre.
L'analyse des noms de personnes dans l'inscription d'Arrien (peut-être du Ier siècle de notre ère) a montré ce qui semble être la persistance sous l'Empire d'une tradition indigène: Neureseni et Tottonis sont des noms typiquement aquitains.

Un autre indice démontrerait l'existence d'une tradition païenne indigène qui perdure sous l'Empire; sans doute au IIIème siècle de notre ère, une divinité visiblement indigène, Arsilunn, est encore honorée à Argein. Elle peut sans doute être rapprochée d'Astoilunnus que nous retrouvons à Burgalaïs et qui compte parmi les divinités aquitaniques ; en outre, le radical "ilun" est très fréquent au sud de la Garonne. Cependant, à l'heure actuelle, nous ne connaissons ni les caractéristiques d'une telle divinité, ni le lieu ou les lieux qui lui étaient consacrés avant la romanisation. Si d'autres divinités indigènes étaient sans doute vénérées dans le Haut-Couserans, elles demeurent inconnues ; dans l'inventaire, nous avons vu que l'existence de cultes au mont Valier et au dieu Erge à Ercé, n'était pas prouvée.


*DES CELTES?

R. LIZOP estime qu'à partir du IIIème siècle avant notre ère, le Couserans a fait partie, comme la haute vallée de la Garonne, du territoire de Celtes, les Volques Tectosages ; ceux-ci auraient été attirés par les diverses richesses locales dans un but stratégique ; selon l'historien, c'est le fait que le Comminges, et par conséquent le Couserans, plus oriental appartiennent à la Provincia au Ier siècle avant notre ère qui implique que ces deux secteurs étaient auparavant soumis aux Volques.

J.-P. MOHEN, qui a étudié le mobilier archéologique retrouvé en Aquitaine, a remarqué dès la fin du Ier Age du Fer une influence culturelle discrète venue de l'est jusqu'au coeur même des Pyrénées ; la production des objets reste locale même si une inspiration commune au monde celtique est perceptible. En fait, selon J.-P. MOHEN, "ce n'est qu'au IIIème siècle avant notre ère que la présence celtique se précise". Toutefois, les grands axes comme la vallée de la Garonne et la vallée de l'Aude semblent les plus touchés ; la domination celtique serait alors seulement politique et serait le fait d'effectifs assez restreints ; le fonds culturel indigène subsiste.

Dans les vallées du Haut-Couserans, à l'écart de ces axes, nous n'avons retrouvé aucune trace d'éventuelle présence ou influence celtique antérieure à la présence romaine ; selon LIZOP, les rares "suffixes en -AC" des noms de lieux du secteur "ne datent que d'une époque postérieure à la conquête"; il s'agirait d'une évolution du suffixe "-ACOS" qui terminait certains noms propres gaulois. En fait, nous avons vu plus haut qu'en l'absence de vestiges matériels, la toponymie seule ne pouvait nous être d'aucune utilité.

En conséquence, il est actuellement impossible de dire si les Volques ont été présents ou s'ils ont eu une influence quelconque dans les hautes vallées du Lez et du Salat.


Vers la suite de de la synthèse

 

Retour au Haut de page

Retour au plan de la synthèse

Vers l'inventaire

Retour à la présentation du sujet

Carte

Retour à la page d'accueil du site

 

 


statistiques