Synthèse, deuxième partie
Les Hommes (fin)
3: LA CHRISTIANISATION
*RAPPELS : LES PREMIERS EVEQUESRien n'indique l'existence d'un culte chrétien en Couserans au IVème siècle. Si l'authenticité de l'existence de saint Girons semble confirmée par GREGOIRE DE TOURS qui mentionne certains de ses compagnons, il semble étranger à la christianisation du Couserans ; saint Girons aurait été tué à Aire sur l'Adour vers 407 avant d'être enterré près d'Auch ; son corps aurait ensuite été transféré et enseveli sur les bords du Salat au lieu dit "Sousvic"; J. OTTAWAY émet de sérieux doutes sur la réalité des faits ; il pense que le saint aurait été transformé en martyr au XIème siècle, époque à laquelle semble prendre son essor le "bourg" de Saint-Girons relevant des comtes de Comminges hostiles aux évêques de Saint-Lizier ; en outre, la prétendue vie de saint Girons ne serait qu'une compilation à partir de deux rédactions de la vie de saint Sever (XIème siècle). En fait, c'estValerius, alias saint Valier, qui est mentionné dans le De gloria confessorum de GREGOIRE DE TOURS comme le premier évêque du Couserans; c'est un de ses successeurs, Théodore, qui aurait découvert son tombeau abandonné, et qui aurait construit une grande basilique dédiée à saint Valier vers le milieu du VIème siècle. Le saint n'est ensuite connu que par des légendes ; en Couserans, une église de Saint-Girons lui est dédiée tandis qu'un sommet porte le nom de mont Valier. Selon J. OTTAWAY, Glycerius, alias saint Lizier, aurait été nommé évêque du Couserans entre 485 et 506, et son épiscopat aurait duré 40 ans. En 506, il assiste au concile d'Arles. Il aurait immédiatement succédé à Valerius. Parmi les évêques suivants, seul Théodore a laissé une réelle trace dans l'histoire ; au cours du VIème siècle, il aurait fait construire une basilique pour recueillir les restes de saint Valier. Nous ne pouvons ensuite que regretter, avec J. OTTAWAY, le silence des sources jusqu'au XIème siècle. *LES PREMIERES EGLISES ? A la période romane (fin XIème, XIIème siècle), on assiste à une intense vague de construction d'églises dans l'ensemble du Couserans ; à Saint-Lizier, les deux cathédrales laissent apparaître encore aujourd'hui des parties romanes. Dans les vallées qui nous intéressent, nous connaissons plusieurs églises ou chapelles romanes ; dans le bassin du Haut-Salat, citons Notre-Dame de Vic-d'Oust, Saint-Sernin de Soueix, Saint-Pierre d'Ercé, l'église des Hospitaliers à Salau ; dans le Castillonnais, Saint-Pierre d'Ourjout et Notre-Dame d'Aulignac, Saint-Pierre d'Argein, de Castillon, les églises d'Arrout et de Balacet. Il faut ajouter également les deux églises d'Audressein, mentionnées au XIIème siècle: Saint-Martin et Notre-Dame de Tramesaïgues. Toutes
les églises romanes de la région n'ont pas dû succéder à un lieu de
culte antérieur, certaines églises ont pu être construites ex nihilo. -L'hagiotoponymie:
on considère souvent que les Saint-Pierre, Sainte-Marie, Saint-Sernin,
Saint-Martin, voire Saint-Lizier, désignent d'anciennes églises peut-être
paléochrétiennes. Suivant ces critères, nous avons mis en avant plusieurs sites où l'église romane succède peut-être à un bâtiment antérieur: -Notre-Dame
de Vic-d'Oust Saint-Sernin
de Soueix Notre-Dame
d'Aulignac (Bordes) Saint-Pierre
d'Argein Audressein La présence au XIIème siècle de deux édifices chrétiens au confluent, avec de tels toponymes, ne prouve certes pas que ces bâtiments existaient déjà au Haut Moyen-Age ou qu'ils aient été précédés par de tels édifices, mais nous ne pouvons qu'être frappés par l'importance religieuse de cette zone de confluence au Moyen-Age ; nous pouvons nous demander si, avant que Castillon ne prenne de l'importance dans le bassin du Lez, Audressein ne jouait pas d'une certaine manière le même rôle que Vic-d'Oust dans celui du Salat: l'église de Tramesaïgues est dédiée à la vierge, elle est située au confluent des deux principales vallées du secteur comme l'église de Vic-d'Oust ; comme à Vic, une motte féodale semblait contrôler le confluent au XIème siècle. Toutefois, c'est là que s'arrête la comparaison car nous ne disposons d'aucun vestige archéologique. Nous n'avons fait ici que présenter les églises pouvant avoir été précédées par un bâtiment du Haut Moyen-Age ; nous n'avons de certitude que pour Notre-Dame de Vic-d'Oust qui a sans aucun doute été un phare du Christianisme dans le Haut-Salat au cours du Haut Moyen-Age ; nous ne savons pas si d'autres sites de moindre importance sont apparus avant l'âge roman, mais c'est fort probable. Dans le Castillonnais, Audressein mériterait des recherches approfondies. Actuellement, nous disposons de trop peu d'informations pour tenter d'établir une chronologie de la diffusion du Christianisme dans les vallées ; au XIème siècle, toute la région semble sans conteste christianisée. |
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